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 J'irai au bout du monde.

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Blop
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MessageSujet: Re: J'irai au bout du monde.   Sam 2 Mar 2013 - 9:52

Je n'aurais qu'un chose à dire !

*la suite ! la suite !*

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Taiyotsuki
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MessageSujet: Re: J'irai au bout du monde.   Jeu 7 Mar 2013 - 13:14

Un semaine après! Mais, ce chapitre est deux fois plus long O-O attention, ça fera mal à la tête à la fin, mais je n'ai pas trouvé d'endroit ou couper le chapitre. Bonne lecture!

Presque repos.

-Est-ce que ça va ?

-Oui oui, occupez-vous de lui, je vous en supplie ! Et également de celui qui est dans cette pokéball, répondis-je en tendant les bras tremblant.

La personne prit Tears et la pokéball le plus délicatement possible, son expression en disait long sur l’état de mon pauvre pokémon. Je levai la tête pour détailler la personne qui se tenait devant moi. C’était une dame qui n’avait pas quarante ans. Petite et très fine, son regard était pourtant déterminé sous ses cernes profondes. Ses cheveux blonds vénitiens tombaient en cascade sur ses épaules. Elle était coiffée d’une toque qui symbolisait sa profession maintenant si mal vue mais également d’une tenue normale de civile, une chemise bleue nuit et un pantalon droit noir. Elle fit volte-face et partit derrière une autre porte sans demander son reste. Je me levai doucement, ils étaient sauvés, tout irait bien désormais, je pouvais relâcher la pression que je m’étais mise moi-même.

Je me trouvais dans une pièce carré meublée de trois fauteuils usées, d’une table basse au centre et d’un téléviseur abimé. Une salle d’attente de fortune, vu la petitesse de la salle et l’absence d’éclairage digne de ce nom, cette fonction étant remplie par une malheureuse lampe de plafond. Je me trainai vers un fauteuil près de la porte à fenêtre d’où avait disparu l’infirmière. Arrivée, je fermai les yeux en soupirant, je voulais voir mes pokémons, je voulais voir mes amis, pourquoi l’infirmière était-elle partie sans moi ? J’inspirai un grand coup et me levai, décidée à voir leur état, d’un côté je ne me tracassais pas tant que ça de la blessure d’Heleth, mais surtout de son état global, il était un peu comme un rescapé d’une guerre. Je voulais qu’il soit de nouveau comme avant, pas par égoïsme, mais je ne voulais pas qu’il lui arrive des mauvaises choses à cause de ça. Je ris ironiquement, quel prétexte convaincant. J’étais quand même égoïste de juste penser qu’il était laid et que je n’en voulais pas. Mais n’était-ce pas ce qu’avait dit l’Inconnu pour illustrer ses nouvelles Règles ?

« Chacun d’autre vous, vous ne choisissez que vos pokémons car ils sont forts et beaux. Ne vous voilez pas la face, lequel d’entre vous peut me dire sans mentir qu’il a choisi son compagnon car il était gentil ou spécial, à l’intérieur ? Vous êtes égoïstes de ne vous basez que sur l’apparence. Désormais, juste pour l’apparence, seriez-vous capables de tuer un pokémon qui ne vous a rien demandé, et ça juste pour ne pas l’avoir avec vous ? Je sauve les pokémons et les mets tous sur un pied d’égalité. »

Nous apprenions son discours à l’école, ses paroles avaient été longtemps contestées, on disait qu’elle était fausse, et je le trouvais aussi, je me disais que personne ne pouvait faire ça. J’étais bien naïve. Trop jeune pour comprendre et penser comme un Challenger, pour la plupart des enfants, qui ne pensaient eux qu’à ça. Mais non, il devait y avoir des personnes qui attrapait des pokémons pour d’autres raisons, bien plus louables, il devait en avoir. Je remontai mes genoux contre ma poitrine et enfuis ma tête à l’intérieur. Je voulais un peu dormir pour faire autre chose que de me ronger les ongles au sang. Ce n’était pas si long d’après ce que lui avait expliqué son frère quand il passait encore à la maison, avant qu’elle et sa mère ne partent pour Hoenn, ce qu’elles n’auraient jamais dû faire au final. Pourtant, il était depuis le Changement de partir d’Hoenn sauf autorisation exceptionnelle. Mais personne ne savait encore quelles pouvaient être ces raisons, personne n’était jamais sorti.

Après un temps totalement indéterminé où je ne m’étais finalement pas endormie une seconde, préférant fixer le plafond et essayé de faire marcher le téléviseur, sans succès ; la porte s’ouvrit lentement. Comme touchée par un éclair de pikachu, je me levai d’un bond pour presque sauter sur la personne qui y sortait. C’était la jeune femme fatiguée qui l’avait accueillie puis abandonnée. Elle recula naturellement pour éviter de tomber sous mon poids. Je me rattrapai et fis volte-face pour planter mon regard dans le sien, ou plutôt, il s’y accrocha comme à une bouée, à la recherche d’une réponse pour me rassurer sur l’état de mes nouveaux compagnons. Elle soutint un moment mon regard dans le silence et finit par marcher vers moi. Arrivée à ma hauteur, je pus entendre les mots « Suis-moi » j’obéis sans me poser de question et la suivit dans le couloir mal éclairé. Nous débouchâmes dans une salle étonnamment propre et bien éclairé, surement la seule du bâtiment. Les murs en carrelage étaient blancs, tout comme le sol. Il y avait une petite fenêtre qui s’ouvrait sur une petite cour fermée par de grands arbres majestueux. D’après la lumière extérieure, nous étions en fin d’après-midi. Je détournai le regard de la fenêtre pour détailler encore la pièce. Il croisa cinq sorte de tube transparent et dans deux ; mes pokémons. Mon cœur fit un bon dans ma poitrine et je m’élançai entre les deux tubes habités. La femme se décala pour que je ne la bouscule pas et je tombai à genoux.

-J’ai fait autant que j’ai pu, ton arcko est sauvé et sa blessure refermée sans laissé de trace. Elle fit une pause et regarda le zigzaton endormit. Par contre pour celui-là, j’ai eu un peu de mal. Ses blessures ouvertes ont été guéries normalement. Idem pour les vieilles blessures par encore tout à fait cicatrisées. Mais certaines sont malheureusement trop anciennes pour être effacées, bien sûr elles ne présentent aucun danger. Et pour son œil, il est perdu définitivement, j’ai préféré comme même ne pas y toucher. Il a perdu trois griffes, mais elles repousseront.

Je hochai la tête quand le silence s’installa de nouveau. Je détaillai patiemment Heleth. Il était un peu moins horrible, son pelage était certes toujours abimés mais une partie de ses cicatrices avaient disparu pour laisser place à un nouveau pelage qui ressortait étrangement dans les poils rêches et durs du reste. Il lui restait des cicatrices sur la queue, sur les pattes et il y avait toujours la grosse sur son visage. J’avais l’impression qu’elle était là pour provoquer, pour me narguer moi et les autres. Un sourire se dessina sur mon visage, il n’avait pas l’air fou quand il dormait. Paisible et surtout il n’était pas affublé de ce sourire qui me rendait mal à l’aise. Je décidai de rester un moment à le regarder, pour essayer de graver dans ma mémoire son petit visage endormit qui était assez mignon il fallait l’avouer.

Quelques minutes après, dans un silence complet, seulement brouillé par les bips rythmés des appareils. Je me levai en étirant mes jambes engourdies et aperçus pour la première fois la machine qui servait à soigner les pokémons automatiquement. Il repérait les blessures et les soignait, mais il ne détectait pas les cicatrices, qui ne saignaient pas, qui n’avaient rien de méchant pour la machine, donc pour la vie du pokémon. Je cherchai la jeune femme qui n’avait presque rien dit depuis que j’étais arrivée. Je décidai d’engager la conversation.

-Heu… Merci pour tout, je ne sais pas ce qui serait arrivé si vous n’étiez pas là, dis-je, hésitante.

-C’est mon travail après tout, je ne pouvais pas laisser mourir ces deux petites créatures, dit la femme d’un ton étonnement tranchant.

Je ne relevai pas ses paroles, je reconnus que ce que j’avais dit était stupide, bien sûr qu’elle était là, il y avait toujours une personne dans les centres, même une seule personne, mais il y en avait toujours une. Je soupirai, me sentant quelque peu stupide. Je jetai en même temps de petits coups d’œil furtifs vers l’infirmière. Une légende racontait qu’avant, toutes les infirmières s’appelaient Joëlle et qu’elles se ressemblaient toutes. Elles prétendaient être de la même famille. C’était une bien étrange légende qui n’était raconté que par les adultes. Mais jamais personne ne savait s’ils disaient cela pour rigoler ou si c’était la réalité.

Des bruits de pas me sortirent de mes pensées, je tournai la tête vers la jeune femme qui affichait un petit sourire discret. Etrange changement d’émotion, mais je n’y restai pas plus dessus, et soutins son regard. D’un signe de tête, elle me demanda de la suivre. Je ne me fis pas prier et la suivis, abandonnant mes pokémons à leurs repos bien mérité.

La jeune femme me conduit à travers plusieurs couloirs mal éclairés en évitant quelques débris par terre. Elle poussa finalement une porte étonnamment en bon état. Une lumière plus vive m’agressa les yeux et je me retrouvai devant une sorte de studio assez grand. La pièce à vivre en angle avait pour revêtement mural juste du bois foncé, le sol dallé blanc et le plafond beige. Une cuisine simple, un salon composé d’un sofa, d’un table basse en verre et d’un fauteuil noirs avec une télé assez grande, et une salle à manger composé seulement d’une grande table en bois accompagné de trois chaises du même matériau et d’une plante verte en bonne santé. Je pus voir deux grandes portes qui devaient mener à la chambre et à la salle de bain. La voix de l’infirmière me coupa dans mes observations. Elle était assise sur le fauteuil, droite.

-Assieds-toi, je m’excuse de l’attente dans l’autre salle inconfortable, mais peu de Challengers passent ici de nos jours. J’espère que ma maison sera assez accueillante pour toi.

-Désolée de vous dérangez, je devrais plutôt partir, je n’ai rien fait d’extraordinaire pour que vous m’invitiez dans votre studio, répliquai-je d’un ton quelque peu embarrassé.

-Non non, pour une fois que j’ai de la visite, je ne vais pas la foutre dehors, de plus vos pokémons doivent encore un peu se reposer et la devise des infirmières est de venir en aide aux pokémons, mais aussi à leur dresseur.

Elle m’adressa un sourire gentil et se leva pour aller dans la cuisine. Je haussai les épaules et m’assis sur le sofa, il était en bon état. Alors les infirmières habitaient bien dans leur centre maintenant, on ne m’avait donc pas menti. Voilà également pourquoi les Juges cessaient de fouiller l’accueil à la recherche d’une infirmière à brutaliser. Je me retournai pour voir qu’elle remplissait un bol de biscuits. Elle revint dans le salon et s’assit en posant la nourriture sur la table basse. Un silence s’installa, mais je décidai qu’il ne resterait pas plus longtemps.

-On ne s’est pas encore présentée, je suis Saphire. Challenger débutante. Merci encore de m’héberger, dis-je en tendant maladroitement la main.

-Enchantée Saphir, dit-elle en souriant et en attrapant ma main, je m’appelle Eléonore. Infirmière depuis quatre ans maintenant.

Quatre ans ? Une expression d’étonnement se dessina sur mon visage, avait-elle décidé de vivre ainsi sachant tout ce qui l’attendait dans ce métier ? Je baissai les yeux en lâchant la main d’Eléonore. Quelle étrange décision de sa part. Elle sembla lire ne moi et rajouta :

-Oui c’est un métier compliqué et solitaire, mais ce centre était abandonné. Je ne pouvais pas rester sans rien faire et regarder les nouveaux Challengers comme toi débarquer ici et se rendre compte qu’il n’y a personne pour les aider.

Elle ferma les yeux, un sourire triste flottant sur son visage. C’était probablement ce qu’il s’était déjà passé, avant qu’elle décide d’agir. Il y avait encore des Attachés dans cette ville, l’espoir n’était pas totalement perdu pour cette ville. Bien sûr, une seule personne ne pouvait pas suffire à redonner l’espoir à tout le monde, mais tant qu’il y en avait une, il y avait toujours, quelque part l’espoir de remettre cette ville sur le droit chemin. Je pris un biscuit et le portai à ma bouche. Un silence s’était finalement installé et je ne pus rien y changer. Je mangeai encore quelques biscuits. Qu’y avait-il à dire ? Je voyageais seule, depuis seulement un seul jour, je n’avais rien à dire. Manifestement, cette femme était étrange, elle avait changé entre temps, sérieuse et un peu sèche en une femme timide qui cherche de la compagnie et seulement aider. Je me grattai la joue. Je n’allais pas rester ici plus longtemps, je me sentais mal à l’aise. Je me levai doucement sous le regard d’Eléonore. Elle se leva précipitamment en tendant la main vers moi.

-Ne pars pas déjà ! Tu peux rester je t’assure, dit-elle d’un air affolé et anxieux.

-Je préfère ne pas rester plus longtemps et vous déranger, je dois trouver un hôtel qui héberge les Challengers, un sourire ironique se dessina sur mon visage, s’il y en a encore un évidement…

-Non, s’il te plait, ne me laisse pas seule, répondit-elle d’un ton de plus en plus suppliant, je suis seule depuis si longtemps, reste avec moi s’il te plait !

Elle attrapa mon poignet, ses yeux remplis de larmes qui menaçaient à chaque instant de couler. Elle-même semblait sur le point de s’écrouler devant moi. Je pris un peu peur et retirai ma main d’un geste sec. Elle recula de quelques pas, fixant sur moi un regard de bête éperdue. Je tournai la tête et regardai le sol. Voilà donc pourquoi elle était bizarre. N’ayant plus l’habitude des gens, elle n’avait plus parlé à quelqu’un depuis longtemps, d’où son ton sec. Et puis la perceptive de redevenir seule l’avait déboussolée. J’avais un peu connu ça, quand je croyais avoir perdu Tears. Je reculai la tête toujours baissée.

-Je ne peux pas rester, même si je reste, je devrais partir un jour. J’ai un devoir en tant que Challenger ; briser les Règles, renverser l’Inconnu Rouge et Noir. Je suis désolée, je voudrais vous aider… Mais je pense que je serais une meilleure aide dehors à combattre pour mes rêves qu’ici, enfermée.

Je fis volte-face sans recroiser son regard, attrapai mon sac que j’avais laissé à côté de la porte et ouvris celle-ci. J’entends Eléonore tomber à genoux. Des sanglots parvinrent à mes oreilles. Je me mordis la lèvre inférieure, c’était comme ça, je n’avais pas le choix. En passant la porte d’entrée, je rajoutai d’un air faussement réjoui :

-Tu sais, si tu sortais plus souvent, tu pourrais rencontrer quelqu’un qui t’aiderait à rester heureuse et surtout moins seule. Mais ce n’est pas moi… Garde espoir s’il te plait, on peut toujours s’en sortir.


Je sortis en courant cette fois-ci, et détalai vers la salle avec mes pokémons. J’y arrivai en relativement peu de temps, coup de chance, sachant que je ne savais plus trop le chemin. Tears dormait toujours, mais Heleth lui était bien réveillé, et tapait son crâne contre la paroi en verre qui le séparait de la liberté. Je détournai le regard, j’avais bien assez vu son sourire. J’attrapai la bisball et la pokéball sur la table et ouvris leur cabine. Heleth rentra en premier, il courait déjà vers la sortie. Je m’approchai de Tears en souriant tendrement et le rentrai dans sa petite maison sphérique. Alors que je me relevai, j’entendis des pas qui se rapprochaient de moi. C’était encore elle. Mais je ne voulais pas la voir. Je devais trouver une autre sortie. Il y avait une autre porte, je décidai de la prendre. Elle menait à un couloir éclairé, je courus en claquant la porte derrière moi. Il fut tout droit pendant une dizaine de mètres, mais finit pas se couper en deux. Je m’arrêtai, en nage, ne sachant quel chemin emprunter. Entendant encore les pas me pourchasser comme un fantominus persistant, je courais à gauche. Ce couloir moins bien éclairé donnait sur quatre portes. Je soupirai et ouvris la première qui s’offrait à moi.

Dans cette salle, il y régnait une odeur de pourriture écœurante, je mis ma main devant ma bouche tant l’odeur était forte. J’essayai de distinguer quelque chose dans la pénombre. Je n’aurais jamais dû. Des tables se dessinèrent, mais il y avait quelques choses sur ces tables. Et en ayant le malheur de m’approcher, je pus voir qu’un cadavre en état avancé de décomposition gisait là. Je reculai sous l’horreur et me cognai contre une autre table. Je me retournai pour voir de nouveau un cadavre que je devinai être celle d’un nirondelle. C’était insoutenable. Ce centre était horrible, perdu à jamais, abandonné. Et dans sa déchéance, beaucoup de pokémon n’avaient pas survécu. Était-ce pour cela qu’Eléonore avait décidé de reprendre le flambeau ? Pour éviter cette vision d’horreur ? Je cherchai désespérément une sortie. Il y avait une double porte, je courais vers elle avant de vomir mes tripes.

La porte menait à une salle encore plus grande. Des fenêtres l’éclairaient, enfin je pus en voir un peu plus. Et j’étais enfin sauvée, il s’agissait de l’ancien hall d’entrée. Il y avait un comptoir, des chaises, des tables, une télévision et des fauteuils. La machine pour soigner les pokémons n’étaient plus là. Elle devait avoir été soit volée, soit détruite. L’autre machine, était celle de remplacement. Je courus vers la porte autrefois automatique. Le livre sur la vie d’un Challenger m’avait été bien utile jusque-là., pouvait-il encore m’aider ? Je savais que des juges attendaient devant, je devais trouver un autre moyen. Une fenêtre, il y avait partout des fenêtres, je pouvais sortir par là. Je cherchais une chaise et, tout en prenant mon élan, tapai de toutes mes forces sur une des fenêtres. Mais malgré ça, celle-ci tint bon et je me retrouvai projetée vers l’arrière. La chaise avait rebondi. Je regardai ma sortie intacte, effarée. Que pouvais-je faire ? Je devais chercher quelque chose de plus lourds. Une brique, il me fallait une brique. Je cherchai du regard celle-ci, mais n’en vis pas. Bien sûr, pourquoi y aurait-il une brique dans un hôpital ? Je me levai et cherchai toujours quelque chose de lourd. Mais il n’y avait rien, je commençais à paniquer, une boule se forma dans ma gorge. Je savais qu’Eléonore me retrouverait tôt ou tard, je devais faire vite. Mais l’image des cadavres me hantaient et refusait de s’en aller. Ma tête tournait, que devais-je faire ?! Ma respiration se fit erratique. Une n’y avait qu’une seule chose à faire.

Je courus vers la double porte en verre et l’enfonçai. Elle se brisa du premier coup et une douleur déchira mon épaule gauche. Je perdis l’équilibre, mais je me forçai à avancer car les Juges m’avaient déjà vu, et avec leurs sourires pervers, s’élançaient déjà à ma poursuite. Mes jambes étaient lourdes, mais l’adrénaline me donna des forces et je me mis à courir aussi vite que je pouvais. Pourtant, contre des adultes constamment dehors, je ne faisais pas le poids. Mes pokémons allaient mourir si je lâchais prise, je ne pouvais donc pas le faire. Je tournai à un coin de rue mal famée et trébuchai sur des détritus. Je sautillai plusieurs fois mais ne repris pas mon équilibre et tombai par terre sur les genoux. Ceux-ci s’éraflèrent sur une vingtaine de centimètres. J’étais perdue. J’étais lâche de fuir le centre, de fuir les Juges, de fuir mes responsabilités. Je tombai la tête sur la route en béton. J’entendais déjà les pas se rapprocher de moi. Je devais trouver quelque chose pour sauver la vie de mes amis. Je pris les pokéballs et les regardai avec désespoir. J’essayai de me remémorer les conseils de Green, contre des Juges, quand il était trop faible ou eux trop nombreux. Je fermai les yeux en priant pour me rappeler.


« Une fois, j’étais poursuivi par une demi douzaines de Juges, je n’avais que trois pokémons. Je m’étais retrouvé dans un cul de sac. J’étais pour ainsi dire mort, mes pokémons étaient morts. Mais j’ai eu une grande idée. J’avais pris mes pokéballs, et les ai lancés dans un caniveau. Ils m’ont retrouvé sans pokémons, ils m’ont tabassés puis sont repartis. J’ai eu vraiment de la chance sur ce coup-là. Prends-en de la graine, cadette, tu pourrais en avoir besoin un jour. »

Je ne réfléchis plus et lançai mes pokéballs au hasard dans les poubelles. Elles disparurent dans les ordures. Je soupirai, un sourire se dessina sur mon visage.

-Merci Green… Mes pokémons te doivent la vie, murmurai-je en entendant les personnes venir à ma rencontre.

Trois Juges, il y en avait trois. L’un d’eux m’attrapa violement par le bras pour me retourner en face d’eux. Je leur souris faiblement. Ils ne pouvaient pas les trouver, qui pouvait chercher des pokéballs dans les poubelles ? Personne, les Juges n’étaient pas si réfléchis, ils étaient juste des bourrins. Un deuxième souleva mon top pour regarder si j’avais des pokéballs tandis que le dernier renversait le contenu de mon sac par terre. Il haussa les épaules en regardant son confrère.

-Rien, dit-il, cette gamine avait juste peur de nous.

Celui qui tenait toujours mon bras me regarda d’un air supérieur et comme si j’étais un animal peureux et enchaina.

-Alors, on est trop faible ? On a peur que de beaux hommes comme nous viennent te dire bonjour ?

Je détournai le regard, ne sachant que dire, je devais juste tenir pour qu’ils s’en aillent. Voyant mon absence de réaction il soupira, me releva de force avant de m’envoyer son poing dans l’estomac. La douleur envahit violement mon estomac et me coupa la respiration, je m’écrasai sur le sol, gémissant. Les Juges ricanèrent et s’éloignèrent lentement. Ma tête avait tapé sur le sol et j’avais envie de vomir. Je toussai plusieurs fois, essayant de reprendre mon souffle. La réputation des Juges n’étaient pas volés. Etaient-ils pris uniquement pour leur barbarie ? Je me relevai difficilement, les jambes tremblantes. J’étais fatiguée et j’avais mal au ventre, à la tête et mes genoux saignaient. J’avançai péniblement, je devais trouver un endroit où me reposer. Il y avait des hôtels dans toutes les villes, Attachée ou Détachée.

Je m’appuyai contre les murs pour avancer, mais je chottai dans une de mes affaires et me rappelai qu’ils les avaient éparpillées par terre. Je soupirai et m’assis par terre pour remettre tout dans mon sac. Quand ce fut fait, je partis là où j’avais abandonné mes pokémons. Je farfouillai plusieurs minutes dans les détritus avant de les retrouver toutes les deux. Je les nettoyai sur mon top qui était de toute manière sale et les rangeai à ma ceinture. La douleur à mon ventre était passée et j’avais repris mon souffle. Mes jambes me faisaient moins mal, je pouvais repartir, sortir de ce trou.

Après quelques minutes de déambulation sous les regards presque haineux de certains habitants, pour d’autre, de pitié, je trouvai l’hôtel. Assez grand, en bon état heureusement. J’entrai par les portes automatiques. Il n’y avait presque personne, excepté l’homme à l’accueil et deux clients assis dans un fauteuil à discuter. Je m’avançai vers l’homme de l’accueil et lui fis un signe de tête en guise de bonjour. Il me renvoya un sourire, tiens ? Ne voyait-il pas que j’étais une Challenger ? Si oui, était-il donc un Attaché ? Je lui rendis un faible sourire.

-Une chambre je suppose, dit-il d’un air rassurant. Et je vous apporte à manger.

-M… Merci, dis-je, hésitante. Vous… Vous êtes un Attaché ici, à Rosyère ?

Il rit en plongeant son regard marron dans les miens. Sa barbe naissante et ses cernes en disaient long, comme ses cheveux assez longs pour un garçon complétement ébouriffés. Il s’appuya sur le comptoir pour s’approcher de moi.

-Oui, mais ne le dis à personne, ici, les Attachés doivent cacher leur « nature », sinon on se fait tabasser. Et vu ton état, je peux te dire que la boutique pour médicament se trouve dans cet hôtel, passes-y.

Il me fit un clin d’œil en me tendant une clé et un numéro. Je le remerciai et m’en allai. Alors il y avait des Attachés ici ? Ce n’étaient pas tous des Détachés… Ca me rassurait, même si la ville en avait l’air, elle n’était vraiment pas perdue. L’espoir pouvait toujours naitre, l’ombre nait de la lumière, mais l’inverse également. Je souris en avançant dans les couloirs. Il fallait que je garde espoir moi aussi, et chasse les images de désolations de mon esprit. On n’appelait pas les « résistants » Attachés pour rien. On s’accrochait, même à un minuscule fil pendu vers notre destination. Attachés à nos rêves. A notre ancienne vie.
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MessageSujet: Re: J'irai au bout du monde.   Jeu 7 Mar 2013 - 14:22

C'est beau *snif*

Quand je pense au temps que je mets pour écrire un chapitre qui fait à peine la moitier d'un des tiens ... Ca doit etre énorme la concentration d'énergie que tu mets là dedans ^^

En tout cas c'est toujours aussi bien

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MessageSujet: Re: J'irai au bout du monde.   Ven 8 Mar 2013 - 2:56

Ah c'était toi qui avait cette fic ! Oh merci d'avoir mit la suite enfin, avec Pikmin on en a parlé il y a pas longtemps en plus et ça m'avait vraiment donné envie de savoir la suite :sisi:. Franchement j'adore, ça me rappelle de vieux creepypasta pokemonesque ^^. Bref vas y à fond sur cette fic, je te garantie qu'elle a du succès Smile.

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Taiyotsuki
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MessageSujet: Re: J'irai au bout du monde.   Sam 16 Mar 2013 - 8:38

Merci à tous! Pas de chapitre cette semaine, j'étais occupée, trop occupée... Mais je ferais mon maximum pour en avoir un la semaine prochaine!

Merci encore pour tous vos commentaires!
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MessageSujet: Re: J'irai au bout du monde.   Sam 16 Mar 2013 - 10:56

Dommage, j’espère que tu auras le temps pour la semaine prochaine j'ai hâte ! Bonne continuation !

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Taiyotsuki
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MessageSujet: Re: J'irai au bout du monde.   Mar 30 Juil 2013 - 8:45

Des mois après... Haaa gomen gomen. J'étais trop contente ces temps-ci pour écrire correctement, le syndrome horrible de la page blanche vous connaissez? Enfin, désolée pour le retard, je suis vivante, je ne compte pas abandonner. Mais attention, c'est long


Sombrer


Dormir, il fallait absolument dormir. Après avoir pris la clé rayée de ma chambre, j'étais simplement montée sans prendre des détours. J'avais mal partout, mes genoux me faisaient mal, j'étais fatiguée. Fatiguée du sang, fatiguée du désespoir qui émanait de cette fichue ville. Ma chambre était simple, meublée uniquement d'un lit double aux draps anciennement blancs, d'un bureau en bois clair et d'une garde robe. J'avançais en laissant tomber mon sac sur le lit. Les murs étaient beiges, le plafond aussi, le sol était encore du bois. C'était une chambre sans âme, une chambre d'hôtel, laissée à l'abandon. Je frottais mes yeux, il y avait au moins une salle de bain. Mur en carrelage blanc, sol en marbre, meublé simplement d'une toilette, d'une douche et d'un évier. Ça avait au moins le mérite d'être propre. De toute manière, il y avait tellement peu de Challengers ces temps-ci que cet hôtel ne servait plus à grand-chose.

J'avais pris une douche rapide, changé de sous-vêtement et m'étais mise au lit sans tarder. J'avais mal à l'estomac, mes genoux saignaient encore et je n'avais rien trouvé mieux que les enrouler dans du papier toilette pour qu'ils ne tachent pas les draps. Mais, malgré ma fatigue, je n'arrivais pas à fermer les yeux, j'avais peur de dormir, peur de voir des choses horribles dans mon sommeil. Voilà déjà que j'avais des hallucinations, j'avais l'impression de voir du sang, des cadavres flotter tout autour de moi dans l'obscurité. J'avais allumé la lumière, cela m'avait rassurée un peu. Pourtant, j'étais encore une gamine, j'avais encore peur car j'étais seule. Je me trouvais abandonnée de tout. Aurais-je dû écouter mes parents qui me suppliaient chaque jour de ne pas partir? J'étais tellement bornée, je ne les avais pas écoutés. Tout ça car je voulais faire comme tout le monde. Que faisaient-ils en ce moment? Pensaient-ils encore à moi? Bien sûr, ils ne m'auraient pas oubliée en seulement une journée, c'était stupide. Je tournai la tête vers l'unique fenêtre qui donnait sur les toits des bâtiments plongés dans l'obscurité. Une idée me vint en tête. Je me levai et attrapai la bisball posée sur le bureau. Je la regardai, puis mon regard se posa sur la pokéball qui se trouvai juste à côté. Heleth me faisait peur, j'avais l'impression qu'il voulait me tuer pour l'avoir capturé. Ou essayait-il de se suicider? Je n'en savais rien, mais je n'avais pas trop envie de le voir. Je détournai la tête, triste en regardant la sphère qui enfermait Tears. J'appuyai sur le bouton et il apparut sur le lit. Il releva sa petite tête verte.

-Salut toi... Ca va mieux? demandai-je d'un air presque honteux.

Il hocha la tête et s'approcha de moi, assise sur le lit. Arrivé à ma hauteur, il me dépassa pour sauter sur le bureau. Il prit la pokéball qui enfermait Heleth. Je ne comprenais pas. Que voulait-il? Voulait-il que je laisse le zigzaton ici? Il aurait donc les mêmes pensées que moi? Je scrutai ses yeux jaunes. Que voulait-il dire à la fin? Le arcko s'approcha de moi et appuya la pokéball sur ma main. Je haussai les sourcils, il voulait le faire sortir? Il voulait qu'Heleth vînt ici pour dormir, avec nous? Je baissai le regard. Comment avais-je pu croire qu'il voulait abandonner Heleth? Tears n'était pas comme ça, il voulait aider tout le monde, que tout le monde soit ensemble sans que personne ne soit mis à l'écart. Mais bien sûr, moi je ne pensais pas ainsi, j'étais égoïste de favoriser Tears car il était plus sain d'esprit et moins amoché qu'Heleth. Je reniflai en prenant lentement la pokéball. Tears baissa la tête, comme pour me remercier de ne pas le laisser derrière. Je lui souris tristement en appuyant sur le bouton. Le zigzaton en sortit. Il me transperça de son regard fou. Je voulus détourner les yeux, mais je ne le fis pas. Je ne devais pas avoir peur. Un pokémon ne pouvait nous accorder sa confiance si nous même ne lui en donnions pas. Je regardais son oeil blanc. L'infirmière avait dit vrai, elle n'avait rien put faire pour sauver ça. Ni pour les quelques cicatrices restantes. Malgré ça, il ne faisait plus si peur même avec son oreille manquante et son oeil. Les cicatrices étaient bien moins nombreuses, mais toujours présentes. J'essayai de lui sourire, mais je n'y arrivais pas. Il me regardait fixement, assis sur la couverture. Me jugeait-il? Essayait-il de voir si j'étais à la hauteur pour devenir son dresseur? Si c'était le cas, je devais tenir bon, je devais me montrer digne et non apeurée par son apparence. Tears observait la scène en retrait, il devait déjà avoir compris.

Pendant quelque minutes, nous restâmes immobiles, sans se quitter des yeux, il semblait tester ma détermination. Ou attendait-il que je fasse quelque chose? Que devais-je faire pour gagner sa confiance? J'ouvrai la bouche pour dire quelque chose, mais rien ne sortait, je ne savais pas du tout ce que je pouvais dire. Il était fou, je ne savais même pas s'il me comprendrait. Alors, je décidai de faire quelque chose de complètement inconscient. Enfin, je l'avais fait par instinct, sans penser aux conséquences. Je m'avançai lentement et l'enserrai de mes bras. Il grogna et me griffa la joue, mais je tins bon.

Je n'avais aucune idée du pourquoi j'avais fait ça. Peut-être cela m'avait-il paru logique de le faire pendant quelques secondes. Heleth se débattit et réussit à me lacérer les bras, le visage et les épaules. Mais je ne lâchai pas prise, je voulais lui montrer que je l'appréciais malgré sa différence. Mais je me sentais coupable, car ce n'était pas le cas, je ne l'aimais pas vraiment, j'avais peur de lui, mais je voulais quand même arriver à quelque chose. Je voulais lui montrer que je lui donnais toute ma confiance et que je l'acceptais comme partenaire de route.

-Heleth, s'il te plait, je ne te veux pas de mal. Je veux bien comprendre que tu ne voulais pas venir avec moi, et moi, j'aurais bien voulu te laisser tranquille. Mais je n'avais pas vraiment le choix. Maintenant que nous sommes ensemble, pourquoi ne pas essayer de communiquer?

Il ne relâcha pas la pression et continua de se battre. Il ne me comprenait pas, il ne s'était même pas arrêté pour m'écouter. Je continuais à le serrer fort, son pelage était lavé et doux, il sentait la forêt en automne. Je fermai les yeux, cette bataille, j'allais la remporter, pas lui. Pourtant, il ne faiblissait pas.

Soudain, je pus entendre un bruit à travers les grognements d'Heleth. Je pus reconnaître Tears. Il parlait. Il parlait, mais à qui? Je sentis Heleth s'apaiser. Il l'écoutait donc? Je relevai la tête pour voir Tears, sourcils froncés parler énergiquement à Heleth. Celui-ci ne bougeait plus. Je les regardai, complètement hors sujet. Je ne comprenais rien, c'était frustrant. Mais, même si je ne pouvais comprendre le langage pokémon, je sentais dans le ton de Tears qu'il était déterminé. Quand il eut fini son discours, le zigzaton ne bougeait plus. Je desserrai les mains pour le regarder. Il était assis et regardait par terre. Ma bouche s'ouvrit, j'étais muette. Que venait-il de se passer? Qu'avait dit Tears pour qu'Heleth cessât la résistance? Je baissai les yeux, pourquoi? Que voulait dire tout ça? Je ne savais pas, je ne voyais pas... Je m'étalai sur le lit en enfouissant la tête dans l'oreiller. J'avais perdu, Tears avait pris le relais. Avait-il senti que je n'y arriverais pas? Je frappais le matelas de mon poing. J'étais larguée, je ne savais pas comment réagir.

Je sentis une masse chaude se coller à mon épaule. Je tournai la tête. Tears. Il s'était mis en boule contre moi. Je cherchai du regard Heleth. Il était en boule à mes pieds. Je souris, je n'avais pas de raison d'être fâchée. Je me glissai dans les draps. Après tout, Tears ne voulait pas se moquer de moi, il voulait juste m'aider. Il voulait aider les autres, il voulait que le conflit entre moi et Heleth cessât. Je fermai les yeux. Je ne devais pas être si pessimiste, c'était puéril de ma part.

La nuit fut plus calme avec Tears contre moi. Quand j'ouvrai les yeux péniblement, la lumière terne du matin filtrait entre les rideaux pour légèrement éclairer la chambre. Je levai la tête pour chercher mes deux compagnons. Tears n'était plus à la hauteur de mon visage, je le retrouvai collé, toujours en boule, contre Heleth. Celui-ci était réveillé et le regardait de son seul œil d'un air mi-dérangé, mi-paisible, si cela était seulement possible. Il semblait ressentir toutes les émotions en même temps. Je me mis en position assise pour m'étirer. Mes genoux ne me faisaient plus mal et avaient vraisemblablement arrêté de saigner. Je décollai délicatement les bandages pour voir qu'une croûte assez répugnante s'était formée sur les anciennes plaies. Je tirai la langue en rejetant mes jambes sur le bord du lit. Cela réveilla Tears en sursaut. Il tourna sa petite tête verte vers moi en me fixant de ses grands yeux jaunes ambres. Je lui fis un demi-sourire et il rabaissa la tête d'un air soulagé. Je me grattai la tête, était-il aussi paranoïaque? Je me levai lentement et me dirigeai vers la salle de bain. Tears s'étira et sauta du bord du lit confortable pour m'accompagner. Cela me fit chaud au cœur qu'il m'ait déjà adoptée ainsi sans chercher à vraiment comprendre ni à se prendre la tête.

En parlant de tête, je fus étonnée de voir à quel point la mienne avait changé. En seulement un seul jour, j'avais l'air moins en bonne santé, comme plus éteinte. Plus fanée. Je contemplai mes yeux avec soulagement en voyant qu'eux n'avaient pas perdu de leur couleur. De toute manière, la couleur bleue abysse de mes yeux ne pouvait pas vraiment devenir plus sombre. J'arrangeai ma coiffure en essayant de ne pas regarder mon teint qui avait un peu pâli et sortis pour prendre mon sac. Je décidais de mettre mon pantalon noir pour cacher mes genoux meurtris et remis mon t-shirt bleu avec le motif tribal. J'enfilai mes chaussures sans dire un mot et en évitant de regarder Heleth qui semblait ne pas vouloir bouger du bord du lit. Je rassemblai mes maigres affaires en regardant le timide soleil apparaître entre les toits froids des buildings. Il devait faire chaud aujourd'hui, le ciel était déjà coloré d'un bleu diffus. J'attachai mes cheveux en deux couettes basses et attrapai les deux pokéballs. Je me retournai, Tears s'était rassis à côté de son compagnon estropié, cessant de me suivre partout. Je pointai les deux pokéballs vers eux en regardant seulement Tears. Heleth était de toutes manières roulé en boule, dos à moi. J'appuyai sur les deux boutons blancs et des gerbes de matières rouges enveloppèrent les deux pokémons. Je soupirai en les attachant à ma ceinture.

-Bon, c'est parti, on va faire un tour à la boutique ainsi, ce sera mieux pour tout le monde, dis-je pour moi même.

Je longeai le couloir jaune et descendis par les escaliers pour aller plus vite. Mon sac semblait me lacérer les épaules mais j'essayai de ne pas y faire attention. J'arrivai au rez-de-chaussée et mon regard tomba sur le garçon de l'accueil qui me sourit. Je lui rendis un demi-sourire et baissai la tête en continuant mon chemin. Je n'avais aucune envie de parler à qui que ce soit. Le magasin n'était effectivement pas loin. Je relevai la tête pour voir l'encadrement bleu. C'était d'après ma mère la seule chose qui n'avait pas changé, les magasins. Enfin, presque, ils étaient toujours bleus, mais ce qu'ils vendaient étaient plus différents. J'entrai sans dire un mot en poussant la porte. Je balayai les rayons pleins de nourritures. Voilà ce qui avait changé.

Avant, ils étaient spécialisés dans les médicaments et autres objets utiles pour pokémon, mais depuis le Changement, ils s'étaient reconvertis, faute de client, pour des magasins qui vendaient de tout, de la nourriture aux vêtements. Heureusement, ils continuaient à vendre les choses qu'ils vendaient avant. Je m'enfonçai dans les rayons et attrapai sans vraiment m'en rendre compte un paquet de gâteaux. Je me baladai un moment entre les rayons et trouvai ce que je recherchais, et sans surprise, au fond de la boutique. Je contemplai les objets mis en vente. Les choses habituelles, mais en beaucoup plus cher. Je m'étonnai, quatre cent pokédollars pour une potion, cette ville était vraiment bizarre. Chez moi, les potions n'en coûtaient que cent. Je soupirai en regardant mon porte-feuille, j'avais deux milles. J'attrapai deux potions et deux antidotes à deux cent balles et cherchai la caisse dans ce dédale de rayons. Je la trouvai, une femme lisait un magazine de mode derrière.

-Bonjour, dis-je pour me faire remarquer.

La femme descendit son livre à photo pour me dévisager, elle fit de même avec mes achats et me sourit. Une Attachée, c'était certain, surtout dans cet hôtel, le mec à l'accueil l'était, donc pourquoi pas elle? Je lis rendis un sourire qui, enfin, était redevenu normal. Elle passa les marchandises au scanner.

-Ça fera 1350 pokédollars chérie, dit-elle en me souriant.

Je déglutis, c'était très cher, trop cher ici. Ce paquet de vingt gâteaux était plus de deux fois moins cher qu'une potion! Je soupirai en voyant mon porte feuille se vider et rangeai tout dans mon sac excepté le paquet de gâteau que j'ouvris en sortant tout en disant au revoir d'un air déçu. Je me retrouvai face à l'homme de l’accueil qui m'adressa un sourire. Je baissai la tête en sortant à pas rapide. Quand les portes automatiques s'ouvrirent et que je sortis, je pus entendre derrière moi la voix du jeune homme.

-Bonne chance, et n'oublie pas. Vivre sans espoir, c'est cesser de vivre.

Cela me donna un faible sourire. La phrase des Attachés, leur phrase. Notre phrase. Cette devise s'était instaurée rapidement, personne ne savait qui l'avait inventée ni qui l'avait popularisée pour qu'elle devînt la Devise. Je levai les yeux au ciel, il était dégagé. Le vent matinal me fit frissonner. Heureusement qu'Hoenn était une région tropicale et qu'il faisait rarement froid, ou juste le matin. Le vent paisible soufflait dans les branches. Il faisait très calme, c'était l'aube après tout. Je m'avançai vers les bords de la ville. Je ne me sentais cependant pas encore prête pour tenir la route 102. Je ne voulais pas d'un nouveau compagnon, pas si tôt. Heleth me détestait, je ne voulais pas prendre le risque qu'il tuât tout ce qu'il y avait à sa portée. Je voulais combattre avec lui. Pour lui, mais également pour moi. Je devais m'habituer à tout ce sang. Celui-ci allait faire partie intégrante de ma vie et ceci pour un long moment. J'inspirai profondément alors que la route 101 s'ouvrait devant moi. Un simple sentier sans aucun signe de vie. Trop court, trop large, trop vide. Mon regard bleu se tourna vers l'épaisse forêt qui encadrait le premier sentier de l'aventure. Par là? C'était manifestement la seule solution.

Mes chaussures semblaient remplies de plomb. J'avais les jambes lourdes. Comme si mon corps refusait d'y aller. Pourtant, je devais le faire, sinon, plus jamais je ne pourrais avancer. Bien sûr, aller vers son objectif en boitillant était toujours mieux que d'y aller à reculons, et ainsi ne jamais l'atteindre. Il fallait toujours regarder droit devant soi, et ne jamais essayer de trouver d'autre chemin. Il n'y a toujours qu'un chemin vers son but. Je devais combattre pour m'habituer à ma nouvelle vie. Combattre et me renforcer, devenir moins faible.

Les troncs étaient épais, les branches étaient hautes et formaient un toit de verdure sombre, ne laissant passer que peu de lumière. Les ténèbres avaient envahi l'endroit et rien que cela me mettait mal à l'aise. Pourtant, je devais continuer, je devais avancer. J'inspirai une grande fois et les ténèbres m'aspirèrent. Tout à coup, le silence. Je retins ma respiration. Seuls quelques bruissements me parvenaient aux oreilles. Ils avaient tous peur, si peur de perdre la vie. Aucun pokémon ne se risquerait à se présenter devant un humain pour le saluer, tentant sa chance en espérant que c'était sa première visite dans le quartier. Non, qui aurait pu penser ainsi? Personne, même pas eux.

Je n'allais surement pas en croiser un simplement en me baladant. Non, c'était bien trop facile, et impossible maintenant. Je devais ruser, user de l'intelligence humaine, supérieure à celle des Pokémons. Jouer de ses atouts, c'était ça qu'il fallait faire. Je cherchai un arbre sur lequel il était possible de monter. Après une rapide observation, quelques rares fruits poussaient péniblement en haut des feuilles, hors de portée de la plupart des pokémons qui vivaient dans la région. Après de longues minutes de recherche, j'en trouvai enfin un. Je ne m'étais pas trop éloignée du chemin principal, je ne voulais pas mourir de faim, perdue dans ces ténèbres obscurs. Je me sentais observée, comme si des milliers d'yeux me transperçaient de toutes parts. Et pourtant, j'avais beau me retourner pour scruter les fourrées inquiétantes, il n'y avait que ombres et feuilles.

Monter à un arbre n'était pas ce qui avait de plus difficile et j'y parvins assez rapidement. Bien sûr, se cacher ne servait pas à grand chose. Je savais qu'ils étaient tous avertis de ma présence, je n'étais pas silencieuse, je n'étais pas petite et me faufiler entre les buissons et les arbres sans me faire remarquer. C'était peine perdue. Maintenant que j'étais perchée, il ne me restait plus qu'à me faire oublier. Je m'installai sur une grosse branche feuillue du mieux que je pouvais. J'étais encore légère, et elle ne devait pas ployer sous mon poids, mais elle était très inconfortable et de petites branches me rentraient dans les côtes alors que j'étais allongée tout du long pour me dissimuler au maximum. Je grimaçai, j'étais une Challenger, je m'attendais à quoi? A de doux fauteuils tous les jours, de la nourriture comme le faisait ma mère et un lit chaud à l'intérieur? J'étais bien trop naïve de penser ça, de croire que la vie serait bien meilleure en partant pour l'Aventure. Ce n'était pas le cas. Alors, pourquoi m'infliger cela? Pour beaucoup de raison j'imaginais, j'avais besoin de réponse. J'avais besoin de changer les choses. C'était mes raisons, et elles me suffisaient pour supporter toutes les peines et les douleurs qui me traversaient. Du moins, je l'espérais, combien de personnes avaient-elles dit cela avant de mourir de leurs mains, ne supportant plus la tristesse qui déchirait leurs cœurs après avoir perdu leurs meilleurs amis, par leurs fautes et uniquement la leurs? Beaucoup trop, il y en avait eu beaucoup trop, et c'est pourquoi il n'y en avait presque plus aucun désormais. C'était si injuste.

J'avais fait tomber quelques baies en montant dans l'arbre imposant et cela constituait mon seul plan. J'attendais, regardant les alentours d'un œil peu attentif. Je finis par plonger dans une sorte de sommeil éveillé, plongée dans mes pensées les plus profondes, maudissant l'Inconnu en Rouge et Noir pour nous avoir forcé à endurer tout ceci. Quel monstre fou et immensément sadique. Me voyait-t-il, en ce moment, attendant tapie dans le feuillage de mon arbre, attendant ma première victime? Souriait-il face à mon hésitation marquée sur mon visage déjà fatigué par trop de changements? Personne n'aurait pu le savoir. Il était cloîtré depuis bien trop longtemps au sommet de la Ligue qui était bien plus proche que je ne le pensais.

Mon esprit immergea de sa lente inconscience alors qu'un bruit familier lui parvenait. Mes yeux semblèrent reprendre vie et je clignai plusieurs fois des paupières. Le son recommença et m'aida à reprendre pleinement les repères qui se trouvaient autour de moi. Je baissai mes yeux abysses vers le sol. Combien de temps étais-je restée immobile du haut de mon perchoir? J'avais perdu la notion du temps. Mais la venue de mes premières malheureuses victimes avait remis les pendules à l'heure. J'étais en train de regarder deux chenipottes avancer prudemment entre les branches mortes. Evidemment, il n'y avait que les petits pokémons ainsi pour oublier si vite la présence d'une grande menace. Je portai lentement ma main à une des pokéballs. Je les frôlai du doigt en me remémorant les deux places, gauche, Tears, droite, Heleth. Mes doigts passèrent sur la balle bicolore qui abritait la créature folle à moitié aveugle. Je devais gagner la confiance de cet être dépourvu de tout sens.

Et comment allais-je faire ça? En tuant froidement un autre être innocent, pour mon profit personnel, pour rendre mon nouveau compagnon plus fort, ça devait passer par le sang, par la mort et par la tristesse? Je me mordis la lèvre, pourquoi? Pourquoi? Pourquoi devais-je faire tout ça? Pour arrêter l'Inconnu? Mais combien de temps allais-je prendre pour faire le tour de toute la région? Un an, ou plus? Rien n'était certain, je pouvais même ne jamais y arriver, tout perdre jusqu'à mon âme et sombrer aux côtés de tous les Détachés. J'attrapai la pokéball.

Je ne devais pas penser ainsi, je ne devais pas, c'était l'exacte mentalité d'une personne faible. Nombreux ont été les sacrifices pour le bien d'Hoenn et nombreuses seront encore les drames et les morts. C'est pour cela que je me devais de surmonter souffrance et tristesse pour enfin mettre un point final sur toute cette histoire d'horreur. Mes yeux vidés reprirent une lueur déterminée, une lueur d'Attachée, prête à tout sacrifier, jusqu'à sa vie de famille, pour sauver les pokémons. Je portai la pokéball devant moi. La surprise, c'était le meilleur atout pour coincer des pokémons innocents. J'inspirai profondément.

Il était temps. C'était maintenant, alors que j'appuyais sur le bouton d'ouverture de la pokéball. Mon cœur cognait douloureusement contre ma poitrine, je ne savais pas si j'allais supporter une nouvelle fois la vue du sang. Une gerbe de matière rouge s'écrasa contre la branche. Une ombre apparu, une ombre que je ne connaissais déjà que trop bien. Charcutée, torturée, folle. Un petit rire s'échappa d'Heleth alors qui retrouvait la liberté. J'affrontai. Sans fuir, sans reculer, sans bouger. Un Challenger ne pouvait avoir peur de ses compagnons, sinon, comment pouvaient-ils voyager ensemble pour longtemps? Impossible. Heleth me regarda de son seul œil encore en état. Je soutins le regard. La folie contre la peur, l'expérience contre la naïveté. Je devais lutter, gagner, perdurer, vivre.

-Heleth, attaque morsure, en dessous.

De la froideur, c'était tout ce que l'on pouvait ressentir dans ma voix. Je ne pouvais pas montrer la moindre faiblesse face à lui. Notre lien n'avait rien à voir avec celle entre moi et Tears. Heleth et moi, c'était un combat, un défi. Nous voulions montrer qui était le plus fort de nous deux, montrer notre supériorité.

Le zigzaton regarda vers l'endroit indiqué. Les deux pokémons grignotaient nerveusement la nourriture qui semblait être tombées du ciel. Un sourire trop large se dessina sur sa gueule, dévoilant des crocs étrangement acérés. M'écouterait-il? Ou alors, allait-il s'attaquer à ces pauvres choses de son plein gré, pour se défouler? Non, il ne le ferait pas. Son regard se reposa sur moi, rempli de défi. Il voulait que je prouve ce dont j'étais capable, si j'étais capable de vivre avec tout ce fardeau, toutes ces morts sur mes épaules. Il s'élança, tous crocs dehors. Les chenipottes ne remarquèrent qu'à la dernière minute la bête qui tombait sur eux. Trop tard.

Je sautai de l'arbre, tressailli quelque peu après m'être allongée ainsi trop longtemps. Je n'avais rien à dire. Je savais qu'Heleth, dont la folie l'avait fait devenir un tueur froid, me défiait de ne pas me défiler face au combat. Il voulait savoir si il pouvait m'accompagner, s'il allait pouvoir laisser libre cours à ses envies meurtrières avec moi. De mes grands yeux, je me forçai à regarder. Les dents s'enfoncèrent dans la chair d'un des petits êtres innocents. Le sang coula, il se débattit, se tortillant dans tous les sens en poussant de petits cris qui me déchirèrent le coeur. Un instant.

Heleth envoya d'un geste vif le pokémon contre un arbre pour l'achever. Cet arbre était trop proche de moi. Le frêle corps du chenipotte s'écrasa dans un craquement sec qui résonna dans mes oreilles. Du sang gicla. Du liquide chaud se fit sentir sur mon visage. Mon cœur ralentit. L'odeur du sang. Le cadavre roula sur le sol, inerte et désarticulé. Je le regardai. Ce ne me faisait pas mal, je n'étais pas triste, je ne me sentais pas coupable. Non.

Un sourire malsain se dessina lentement sur mes lèvres. Une sensation envahit mon corps. Euphorie. Joie. Excitation. Ma raison sombra.
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Delta
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MessageSujet: Re: J'irai au bout du monde.   Mar 30 Juil 2013 - 9:01

Toujours aussi sombre ton histoire (C'était monsieur jeu de mots) mais j'aime bien même si j'avoue que cette partie était longue xD

Si tu n'as pas d'idée j'ai peu être un lien utile pour toi qui parle d'une théorie sur l'anime pokemon avec Sasha mais qui peu s'avéré utile pour ta fic qui sait ^^.

En résumé : http://www.p-pokemon.com/news/4626-sacha-ketchum-est-il-dans-le-coma-23-05-2013.html

Tout par son auteur : http://www.killcure.com/2009/10/02/pokemon-conspiracy-theory/

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Taiyotsuki
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MessageSujet: Re: J'irai au bout du monde.   Mar 30 Juil 2013 - 10:11

Merci, oui c'était long, mais je m'étais fixée la fin, donc voilà x)

Je connais cette théorie, et la fin de mon histoire est déjà toute faite, y a pas de problème^^
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MessageSujet: Re: J'irai au bout du monde.   

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J'irai au bout du monde.
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